Louis_de_Maud'huy2_in_1916

Ou comment s’apercevoir que les fondements du leadership prennent leurs racines bien loin.

Je vous livre mon analyse du Testament Militaire du colonel Louis Ernest de Maud’huy qu’il écrit le 27 mai 1912 alors qu’il quitte la tête de son régiment, le 35e régiment d’infanterie (qui existe encore aujourd’hui)

Louis_de_Maud'huy2_in_1916

C’était il y a 104 ans.

J’ai mis son testament militaire en téléchargement en bas de page. Pour ceux qui sont inscrits à la newsletter, ils l’ont reçu par mail. Je remercie particulièrement Alain de m’avoir transmis cette perle.

 

J’ai choisi quelques extraits que je trouve particulièrement d’actualité.

 

«  j’ai toujours été convaincu que le supérieur doit respecter la personnalité de ses subordonnés »

Pour mieux pouvoir comprendre ses subordonnés, il est important de bien les connaitre et cela passe par la personnalité. Cela peut rejoindre cette vidéo sur les tests de personnalité appliqués à l’entreprise.

Ce que j’en pense:

Premier symptôme des bons chefs: ils savent fédérer et créer une conscience collective qui implique une responsabilité. Responsabilité qui fait prendre conscience que ses actes n’engagent pas que l’individu, mais toute l’unité.

 

«  Efforçons-nous de commander et d’obéir avec bonne humeur. »

Je n’ai jamais compris les gens de mauvaise humeur. Je suis de mauvaise humeur le matin. On peut ne pas être réveillé, on peut être long à la détente, mais pourquoi être de mauvaise humeur? Ça ne sert à rien. Très souvent, ceux qui sont de mauvaise humeur le sont uniquement pour se donner de la contenance.

 

« La politesse seule rend supportable la dureté d’un reproche. »

La problématique du tutoiement ou du vouvoiement est très bonne.

On peut tutoyer ses subordonnés et, au moment de les réprimander, les vouvoyer. L’impact est immédiat.

 

« Parlons toujours doucement, ce qui n’empêche pas de parler avec fermeté. »

J’ai l’image d’un gueulard pour qui parler doucement était impossible. Il se donnait de l’autorité et de la contenance en gueulant. Pour moi, cela ressemble à crier « au loup »  quand il s’agira de quelque chose de vraiment important, quelle est l’alternative au haussement du ton si votre ton est déjà au maximum habituellement?

 

« Punir n’est pas seulement un droit ; c’est surtout un devoir, souvent pénible, mais auquel on n’a pas le droit de se dérober. »

qui ne va pas sans

 

« Ne punissons jamais dans un moment d’irritation ; en général, attendons le lendemain pour fixer la punition. »

La punition se fait en privé. La réprimande est une punition. Attention à ne faire cela que dans une conversation privée. Rabrouer ou désavouer quelqu’un en public est plus que contre-productif, mais on le voit souvent, et partout!

 

« Efforçons-nous de ne jamais laisser deux mauvais sujets réunis, car pour les mauvais comme pour les bons, l’union fait la force. »

no comment

 

« Ne cherchons pas à nous faire aimer de nos inférieurs, mais à nous faire estimer des meilleurs si nous les aimons, ils nous aimeront d’eux-mêmes. »

Une phrase que j’aime beaucoup: « Ne soyez pas gentil, soyez vrai »

 

« Qu’ils ne craignent pas, mais désirent la présence du chef. »

Parce que quand vous êtes là vous apportez toujours une plus-value positive, vos hommes auront plaisir à vous voir arriver. Si vous êtes le chef qui ne fait que pinailler et voir ce qu’il faut améliorer (le prétexte de beaucoup de chefs pour ne pas voir le côté positif du travail effectué.

 

« Surtout, faisons saisir à nos inférieurs les raisons de nos exigences. »

le sens est la meilleure chose qui puisse arriver à vos subordonnés

 

« Instruisons nos subordonnés directs et commandons par leur intermédiaire, surtout ne faisons pas leur métier. »

Le défaut universel de tous les managers: vouloir tout faire et ne pas savoir rester à sa place.

Bien déléguer est primordial.

 

« N’allons jamais à l’exercice ou à la manœuvre sans avoir un but absolument défini ; au retour, faisons notre examen de conscience et demandons-nous si nous avons obtenu le résultat voulu, ou du moins un progrès. »

Cela me rappelle une de mes citations favorites:

« L’humilité est l’antichambre de toutes les perfections. » Marcel Aymé

 

« Le papier et le crayon sont les premières armes du gradé. »

C’est vrai.

 

« Que tout chef isolé cherche à se conserver le plus longtemps possible dans la main, jusqu’au coup final, une troupe disponible ; s’il n’en a plus, qu’il cherche à s’en reformer une. »

Le fameux élément réservé. La poire pour la soif. Garder sa liberté d’action et ne jamais engager tous ses éléments à la fois.

Un bon vieux principe de la guerre.

 

« Mieux vaut trois hommes qui dorment et un bien éveillé que quatre somnolents. »

Ou comment utiliser correctement la ressource humaine qui nous est confiée ? Voire les choses dans la durée. Penser au cas non conforme.

 

J’ai été frappé par l’actualité de ce « testament »

Quel régal de lire ce grand homme.

 

Pour accéder à son testament intégral, c’est par ici.

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