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Cet article est une interview de Martin B. Elève officier à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr et porteur du projet “Tranchées de nos mémoires”

 

Du 11 au 13 mai l’ensemble de la 203ème promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr s’élancera pour parcourir un gigantesque relais en course à pieds entre Armentières et Lunéville.

Entre le devoir de mémoire, le souvenir de leur parrain de promotion mais surtout le soutien aux blessés de l’armée de terre, ce relais met au défi cette jeune promotion d’un point de vue physique aussi bien que logistique.

chargez les images pour voir cette photoComment vous est venue l’idée de ce projet hors norme et qui répond à plusieurs objectifs différents ?

L’idée de ce relais est née bien avant la naissance de notre promotion (lors du triomphe des écoles de Saint-Cyr Coetquidan en juillet 2018, ndlr), alors que nous ne connaissions même pas encore le nom de notre parrain et donc le rôle que ce dernier occuperait dans ce relais. Nous savions d’ores et déjà que notre future promotion allait avoir à cœur d’œuvrer pour les blessés de l’armée. Nous devions préparer à ce titre une action d’envergure permettant de récolter des fonds pour venir en aide à ces derniers avec une visibilité conséquente afin de les mettre à l’honneur. Ensuite nous savions que notre deuxième année d’école, qui correspond à la seule année où nous avons l’occasion d’instiguer des projets à l’échelle de la promotion, serait celle du centenaire de l’armistice de la Grande Guerre. Nous nous devions donc d’organiser un projet rappelant le sacrifice d’un million trois cent mille soldats français, dont près de 5000 saint-cyriens. L’idée du relais des Tranchées de nos Mémoires a donc été d’organiser un projet commun permettant de rendre honneur à l’ensemble des soldats ayant combattu sur la terre de France pendant la Première Guerre Mondiale, et de soutenir nos blessés actuels.  Nous donnions ainsi une vraie continuité aux commémorations du conflit en courant conjointement avec nos blessés et en apportant une aide financière à ces derniers : nous voulions monter que 100 ans après la fin de la Grande Guerre les soldats de l’armée de Terre continuent de se battre pour la France au péril de leur vie et que la réalité des blessés de guerre n’a pas cessé d’exister depuis 1918, bien au contraire.

Dans quelle mesure votre parrain de promotion est il donc lui aussi directement lié à ce projet ?

Notre parrain de promotion, le général Loustaunau-Lacau est un des plus grands héros français de la Première Guerre Mondiale. Son lien avec notre projet était évident au moment du choix de ce dernier comme parrain de promotion, donc comme figure tutélaire rassemblant toute la promotion. En quelques mots le Général Loustaunau-Lacau fait partie de la promotion Montmirail, qui commence la guerre dès sa sortie de Saint-Cyr en Août 1914. Plus jeune officier à recevoir la légion d’honneur, il est nommé capitaine à 22 ans pour sa bravoure et ses coups d’éclats sur l’ensemble des champs de bataille français du conflit. Titulaire de trois citations à l’ordre de l’armée, il commande la première patrouille française à entrer dans Strasbourg le 22 novembre 1918.

Par conséquent nous offrirons lors de notre relais un hommage tout particulier au général Loustaunau-Lacau, notamment au cours d’une cérémonie militaire devant la cathédrale Notre Dame de Reims. C’est là que ce dernier a commencé la guerre comme sous-lieutenant à 20 ans. A l’aube de nos vies d’officiers au service de la France, nous souhaitons devant cette même cathédrale nous imprégner de l’idéal sans faille de ce héros.

Vous expliquez que vous agissez pour les blessés de l’armée de terre, concrètement comment vous y prenez-vous ?

Notre premier enjeu est de mettre en lumière la condition des blessés de guerre en France actuellement. Notre relais traversant 8 départements et 140 communes, nous utiliserons la prestigieuse image de notre école pour que la communication autour de notre projet soit à la hauteur de l’évènement, et surtout pour que celle-ci donne une place importante à nos blessés.

Deuxièmement, nous partagerons au moins trois portions de 10 kilomètres de notre relais avec des blessés de trois régiments d’infanterie différents, afin que l’ensemble des blessés de guerre puisse se sentir directement concerné par notre action.

Enfin nous apporterons un soutien financier conséquent à l’association Terre fraternité qui depuis 2005 vise à accompagner les blessés, leurs proches et les familles des militaires de l’armée de terre morts en service. Du coup notre soutien consistera en une visibilité particulière, mais aussi en un soutien physique avec ces portions de relais courues conjointement, et enfin financier grâce à notre don à Terre Fraternité.

670 kilomètres entre Armentières et Lunéville en courant, ça ne s’invente pas. Comment arrivez-vous à faire courir une promotion de Saint-Cyr sur une telle distance ?

Evidemment, aucun d’entre nous ne courra 670 kilomètres ! En effet le défi physique n’est pas notre priorité lors de ce relais. Notre effet majeur est que toute la promotion participe à ce relais, soit près de 170 coureurs, afin que nous gardions de cette aventure extraordinaire un souvenir commun et fondateur pour chacun d’entre nous. A Cyr cet esprit promotion est très important. Il nous permet de vivre nos études de façon particulièrement soudée, et d’avoir en tête de nous dépasser collectivement afin d’accomplir tous ensemble des projets extraordinaires. Ceux-là nous permettent de rayonner parmi les anciennes promotions, mais surtout parmi les futures promotions qui ont toujours en tête de s’inspirer de ceux qui les ont précédés dans cette école.
Nous avons donc décidé que cette course serait courue en binômes et en trinômes tout le long du parcours, et que les relais seraient effectués tous les dix kilomètres. Avec des portions de cette taille, cela nous force à organiser 67 changements de relayeurs. On comprend vite que le défi que s’est fixé la promotion est plus du domaine technique et logistique que physique, puisqu’il faudra que pendant trois jours et deux nuits, nos binômes arpentent les champs de bataille de la Grande Guerre en continu. 

Et de quels moyens disposez-vous pour assurer une telle opération logistique ?

Nous partirons de Bretagne avec un seul véhicule neuf places. Nous avons donc dû de façon autonome organiser le voyage de la promotion de la Bretagne vers le Nord Est de la France, et sur place louer de nouveaux véhicules neuf places et négocier les services d’entreprises d’autocar pour mener à bien notre relais. Bien-sûr toutes ces démarches représentent des coûts extrêmement significatifs à l’échelle du budget de notre promotion. La recherche de sponsors et de soutiens financier a donc été primordiale dans l’organisation de notre défi. Mais grâce à près de quinze généreuses entreprises et associations, le budget de notre course nous permet de rentrer dans nos frais vis-à-vis de tous les prestataires sollicités pour nous permettre d’assurer une course en continu sur 670 kilomètres. 

Comment assurez vous la visibilité d’un tel évènement ?

La communication autour de notre projet repose sur 3 pans majeurs. Le premier est celui du réseau propre à Saint Cyr : celui de nos anciens et des associations liées à notre école. Le second est celui des média locaux et nationaux. Guidés par le service de communication de l’école, nous avons pu organiser une conférence de presse autour de notre évènement, et avons ainsi pu toucher différents médias qui relaieront des articles sur notre relais dans les jours précédents ce dernier. Enfin le troisième pan est celui des communes traversées et de ses habitants. En effet toutes les villes et villages concernés ont reçu une lettre présentant notre défi,  où il est demandé que chacun communique auprès de sa population pour la sensibiliser à notre course, et enfin espérer voir ses habitants nous soutenir le jour de la course. Nous avons eu énormément de réponses positives de différents maires vis-à-vis de l’accueil de cette manifestation, et qui nous ont assuré une excellente communication locale autour de notre relais.


Comment pensez-vous que l’organisation de ce défi participe à votre formation d’officier de l’armée de terre ?

Bien sûr le lien direct avec mon futur métier de chef de section ne paraît pas évident, mais il existe bel et bien. Organiser la logistique de ce relais une fois que les idées ont été fixées, ce n’est ni plus ni moins qu’un raisonnement tactique militaire à appliquer : on se fixe des objectifs à obtenir en un temps et un lieu donné avec un certain volume de personnels, et partant de celui-ci, on peut dérouler tout un raisonnement qui nous permet de définir les conditions initiales nécessaires à la réalisation de cet objectif. Ensuite il y a un facteur humain qui est déterminant dans ce projet : la charge de travail relative à son organisation est bien trop forte pour un seul élève. Il faut donc déléguer, et naturellement contrôler que le travail est correctement accompli par chacun des autres élèves responsabilisés. Enfin il y a régulièrement des décisions majeures à prendre, qui modifient parfois grandement le projet initial.  Il faut alors savoir être conseillé, écouter, étudier chacune des hypothèses, mais à la fin il est nécessaire de trancher. Il faut dès lors s’activer pleinement dans le sens du choix qui vient d’être pris, et continuer à avancer vers ce nouveau cap malgré les résistances.

Enfin ce projet nous donne l’occasion d’avoir affaire à des interlocuteurs extrêmement variés, des maires de villages aux préfets, en passant par les plus hautes autorités militaires régionales, des journalistes ainsi que des employés de services technique et administratifs très spécifiques. Il donne ainsi lieu à un excellent exercice de communication où nous devons toujours adapter notre langage en fonction de nos interlocuteurs. Exercice que l’on retrouve dans tous les métiers à responsabilités.

Si l’on souhaite vous retrouver sur le parcours, comment doit-on s’y prendre ?

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Notre parcours est disponible sur internet sur le site https://cagnotte.me/tranchees-de-nos-memoires, ainsi que toute une documentation et les contacts permettant de savoir précisément où est quand se situeront nos coureurs entre le 11 et le 13 mai.
Enfin la page Facebook de notre promotion relaiera en direct l’activité de nos coureurs tout au long du parcours https://www.facebook.com/PromotionLoustaunauLacau/.

 Cependant le plus simple pour les riverains est de nous retrouver lors de la cérémonie phare de notre projet, c’est-à-dire la prise d’armes oragnisée par l’ensemble de notre promotion le 12 mai à 10 h 30 sur le parvis de la Cathédrale Notre Dame de Reims.

Pour soutenir ce projet, faites un don maintenant.

Merci par avance pour votre soutien

 

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