Imaginez, vous êtes dans vos années de lycée, et le soir du 11 novembre on vous emmène dans un endroit où sont exposées des plaques de marbre avec les noms des morts pour la France.
Il y a un drapeau français. Vous êtes parmi ces élèves, silencieux, et vous avez 16 ans.
Vous avez la chair de poule parce qu’en novembre, le soir au fin fond de la Sarthe, il fait froid.

 

Vous frissonnez, mais cette fois-ci, ce n’est pas le froid, c’est l’atmosphère. Entre le lugubre et le solennel.
Un homme à la voix forte lit un discours. Un beau discours sur le sacrifice des anciens.
Un discours sur le courage de ces hommes et femmes qui se sont battus pour la liberté.
Un discours qui résonne sur les murs de marbre et dans cette grande cour d’honneur.

 

Il fait nuit et froid.

Je suis à côté de vous et j’ai 16 ans aussi…

 

et moi, je scrute toutes ces gravures sur le marbre blanc parce que je sais que le nom de mon grand-père y est inscrit.
Au milieu du discours magistral je tressaille. Mon grand-père est là, sous mes yeux. Ce n’est pas une apparition, c’est juste le nom et le prénom que je viens de lire. Un nom que je connais depuis mon plus jeune âge.

 

Émotion, gorge qui se serre, larmes qui montent aux yeux.
En vous l’écrivant, encore aujourd’hui, j’ai les yeux embués et la gorge nouée.
C’est ce soir-là que j’ai décidé de servir mon pays. Servir par les armes… et maintenant que je m’apprête à quitter l’uniforme, servir par la flamme.
La flamme que j’essaye de transmettre à travers tout ce que j’ai appris pour mener des hommes au combat.
Des choses qui permettent de créer une émulation dans une troupe. Susciter l’adhésion, Remplir la mission.
Et surtout des réflexions qui permettent de mieux se connaitre soi et mieux connaître les autres. Parce que celui qui se connait soi-même et qui connait l’Homme sera heureux et épanoui.
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