pompiers feu - Zach Frailey

une application particulièrement d’actualité

Avec la mission « Sentinelle », les unités se trouvent en surchauffe. Les missions s’enchainent. Le taux d’absentéisme monte en flèche. La paperasse qui en découle aussi, les cadres débordés, n’arrivent pas à dégager du temps pour s’occuper pleinement de leurs hommes. Bref, c’est la cata !

Sans être fataliste ni alarmiste, je vous dirais, sans langue de bois, que les choses ne vont pas aller en s’arrangeant. Autant prendre les devants et adapter le dispositif dès que vous le pouvez.

TK Symbolfoto Foto : Michael Zapf

Le problème c’est que les chefs ne sont pas tous conscients de cette surchauffe ou qu’ils essayent de la contrer avec des outils qui ne fonctionnent plus.

Quand on part en mission, tout le monde est présent (ou presque !), on prend le bus pendant des heures, pour se retrouver sur le lieu de la mission.

En fin de mission, les gens ne sont lâchés qu’après réintégration et vérification du matériel…

Bon, ça, c’était avant.

Même si de nombreux chefs refusent encore de s’adapter, on voit apparaitre de nouvelles pratiques :

Le soldat rejoint directement son lieu de mission et repart en we dès la fin de la mission.

Mais qui va réintégrer l’armement de ces gens là ? Qui va nettoyer les camions ? Qui va réintégrer le matériel collectif ?

Toujours les mêmes ? Peut-être ? Mais la roue tourne… Ceux qui habitent sur garnison sont dans leur foyer quasiment tous les soirs… quand ils sont au quartier.

 

Il y a tout de même quelques principes à appliquer :

gle numéro 1:

Soyez large dans ce que vous donnez. Les choses ne sont pas un dû, mais vous avez des jours de récupération, des permissions, des quartiers libres comme outils de commandement. Utilisez-les sans modération.

gle numéro 2:

Soyez inventif, essayez de penser différemment.

gle numéro 3:

Soyez flexible

Réfléchissez en vous souvenant de ce que vous étiez quand vous aviez l’âge de vos soldats. Mettez-vous à la place de vos cadres qui doivent temporiser avec leur famille.

gle numéro 4:

Améliorez la vie de vos subordonnés.

Une fois que vous avez lancé la mission et que tout le monde a ses éléments, il faut que vous travailliez à améliorer les conditions de vie de vos Hommes.

Oui, c’est un travail d’adjudant d’unité, j’en suis conscient, mais

1 : tout le monde n’a pas la chance d’avoir un adjudant d’unité (ADU)

2 : tout le monde n’a pas un ADU fort en relations humaines (en particulier avec les civils)

3 : votre mission se fait avec des hommes, et si vous voulez que votre mission (et la suivante) soit bien accomplie, alors préservez votre ressource humaine.

 

Trouvez des bons plans

Allez voir autour de votre base et demandez à avoir des réductions pour les militaires (cinéma, restaurant, activité ludique pendant les moments de repos…)

essayez de trouver des activités ludiques annexes

En mission à Paris, vous avez la possibilité d’assister au tournage de certaines émissions de télévision.

Activez vos réseaux personnels pour obtenir des places gratuites ou des bons plans. Demandez à vos jeunes cadres de faire de même. Quand j’étais en mission Vigipirate à Marseille avec ma section, j’ai obtenu des places gratuites pour un match de foot au vélodrome. Autant vous dire que ça a plu à tout le monde…

Bref encore une fois, je fais appel à votre imagination pour améliorer les choses chez vous. Si vous restez dans les sentiers battus, si vous faites « comme avant » vous ne vous adaptez pas aux nouvelles contraintes et vous allez au-devant de gros problèmes.

Le plus dur sera peut-être de convaincre votre chef. À ce moment-là, il faudra vous engager et vous porter garant de la bonne marche de votre projet.

Après, si votre projet a suscité l’adhésion de vos hommes, expliquez-leur que vous vous êtes engagé et que les choses doivent bien se dérouler pour pouvoir réitérer l’expérience. En gros, vous les responsabilisez.

Il faut qu’ils soient impliqués dans votre projet et pas uniquement concernés.

J’explique la différence entre « impliquer » et « concerner » dans cet article :

Si vous avez des bonnes pratiques, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires. Si vous rencontrez des problèmes, partagez-les, et peut-être que d’autres se sentiront moins seuls.

Comments

  1. Je vais faire une remarque un peu brutale mais nos jeunes ont tendance à écarter de leur esprit qu’ils ne sont pas là pour se servir mais bien pour servir ! Il ne faut pas, à mon avis, omettre de leur rappeler (avec tact mais le faire est indispensable). Le métier des armes a des exigences…notamment en matière de grande disponibilité.
    Il ne faut pas hésiter également à motiver ses cadres de contact comme tu le dis très justement Rodolphe, car ce sont eux qui feront le relais. Attention néanmoins à ne pas tomber dans le piège de la démagogie. Il faut commander avec le cœur mais certainement pas commander pour se faire aimer. Quand on explique à un soldat quelle est la mission, son intérêt et comment parvenir à sa réussite…il y aura sans aucun doute une adhésion naturelle.
    et puis….aucune mission trop difficile, aucun sacrifice trop grand…le devoir avant tout !

    1. Merci Christophe pour ton rappel. Je pense que ceux qui sont aux commandes ne connaissent que trop bien ces problématiques.
      J’invite dans cet article, à penser les choses autrement. C’est pour moi le seul moyen de garder sa liberté d’action, et son effet de surprise.
      Je reviendrai dans un prochain article sur les pièges de la démagogie: le dilemme du chef qui voulait être aimé…

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