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Pour consulter le livret qui regroupe l’ensemble des « Confidences sur le commandement » du général Wilfrid Boone, cliquez ici

FAIRE DES FANAS!

 

Pour consulter le livret qui regroupe l’ensemble des « Confidences sur le commandement » du général Wilfrid Boone, cliquez ici
La France d’aujourd’hui? Elle est bien souvent antimilitariste… elle a admis l’objection de conscience… elle ignore l’obéissance… Et même si certains Français réagissent, ces idées néfastes continuent d’imprégner l’esprit de bien des “jeunes”.Pourtant certains s’engagent, deviennent soldats. À cause du chômage? Pour apprendre un métier? Par tradition familiale? À l’exemple d’un copain, d’un ami, d’un parent? Qu’importe.

 

Parce que, avec ces garçons, avec ces jeunes d’aujourd’hui, nous devons en tout cas faire des fanas, des “fanas mili”, des vrais soldats! Et nous n’aurons pas rempli notre mission si nous rendons à la vie civile, contrat terminé, des blasés, des dégoûtés, des révoltés, des antimilitaristes… sans acquis moral ni professionnel.

Faire des fanas, voilà notre mission, peut-être la seule, sûrement la première! I

Est-ce vraiment difficile? Car au fond, la jeunesse d’aujourd’hui, elle est offerte au premier qui saura la prendre, peut-être plus que jamais jeunesse ne l’a été.

Elle n’attend qu’une chose: qui, quoi, sera capable de l’enflammer! C’est même probablement la raison pour laquelle certains garçons se retrouvent dans nos rangs.

La jeunesse?

– Elle rêve de grand air, de pureté, de santé, comme la jeunesse de toujours… Mais elle appelle ça “écologie”.

– Elle rêve de dévouement, de fidélité, elle rêve d’admirer, elle rêve de héros… elle appelle ça “liberté”.

– Elle rêve de certitudes, de garanties, elle rêve d’être écoutée, “prise en compte”… elle appelle ça “responsabilité”… même quand elle sait si bien se défiler quand il s’agit d’en prendre!

Le vocabulaire a changé. L’apparence a évolué, comme la morale. Mais croyez- vous qu’au fond, les différences soient si grandes?

Qu’on ait constitué la jeunesse en pouvoir économique, qu’elle soit dotée – par le moteur, par l’argent – d’un “potentiel de catastrophe” inimaginable il y a trente ans… qu’on l’ait placée en dehors du reste de la société pour en faire une “classe sociale”, révoltée de préférence… qu’on ait omis de l’instruire de ses devoirs alors qu’on insistait sur ses droits… il n’empêche que cette jeunesse reste disponible… et à prendre, qu’elle a soif de considération et de justice, que ses membres sont intransigeants (… avec les autres surtout!), mais incertains d’eux-mêmes, pleins d’aspirations mal définies.


Il n’empêche que la plupart attendent l’homme solide qui leur apportera l’étoile où accrocher leur vie, qui leur rendra l’honneur d’eux-mêmes… qui les fera passer de l’adolescence à la maturité.

Sinon, d’ailleurs, certains seraient-ils là, sous vos ordres?

Somme toute, me direz-vous, rien de bien neuf dans ce portrait. N’avons-nous pas été jeunes, comme ceux-là? Et ce qui nous a enflammés cesserait donc d’enflammer nos cadets? Les hommes solides qui nous ont fait “passer” de la jeunesse à la maturité, nous n’en serions pas… à notre tour? Serions-nous incapables d’être de ces colonnes où s’appuieraient nos jeunes?
Avec ces jeunes hommes, faire des fanas. Bien! Mais comment?

– “Y croire” soi-même me parait la première condition, pour raison de vérité, et nos jeunes veulent la vérité. Croire à la Patrie, à sa défense, à son armée, à son métier, à la justesse de notre cause… Croire intelligemment, en voyant les défauts, en cherchant les remèdes, en soulignant les qualités…

Pas de scepticisme, pas d’allure blasée: une FOI. Et qui ne serait pas certain de l’avoir ni de la communiquer devrait remettre en cause sa vocation.

La Foi donc, condition nécessaire… mais pas suffisante.

– “Reconnaître l’autre”, ce jeune qui est devant nous, une personne comme nous, un soldat comme nous, un futur camarade de combat peut-être… Ce jeune, il a soif de dignité, de considération. Il veut être reconnu pour ce qu’il est, y compris dans ses aspirations. Et cette nécessaire reconnaissance de la dignité et de la personne d’autrui passe par la courtoisie.

La courtoisie, c’est à dire au-delà du VOUS (obligatoire?) une attitude qui exclue le harcèlement, le coup de gueule inutile, la vexation gratuite, les comparaisons humiliantes: le respect de l’homme est la base des relations humaines de qualité.

On peut être ferme et courtois. L’autorité, l’exigence cohabitent bien avec la courtoisie.

– “Exiger beaucoup”: l’homme pardonne mal à ceux de ses chefs qui ne le conduisent pas à se dépasser. Et la sueur épargne le sang.
À l’instruction surtout, être exigeant, c’est sauver des vies. Ne rien passer, c’est être juste. Renvoyer sur le terrain à 2 heures du matin une unité rentrée fatiguée à 11 heures du soir, c’est préparer aux réalités de la guerre. Remplir l’emploi du temps d’activités utiles – évidemment utiles (jamais d’occupations “bouchons”) – c’est prouver sans phrase que le service… sert, et que l’on y a à faire. Quitte de temps à autre à être généreux et à “payer” de 24 heures de permission supplémentaire l’effort exceptionnel d’une section ou d’une unité.

– “Faire du mili”, c’est à dire ce qui concourt à faire un combattant, sans “remplissage”, avec le moins possible de corvées. Corvées et servitudes, il y en a. Les réduire, c’est de l’organisation. On peut donc y parvenir.

Faire du mili, c’est viser l’essentiel, ce qui est indispensable au soldat pour le combat, pour la mission, et cet essentiel, le faire à fond. C’est donc (au départ au moins) faire l’impasse sur l’accessoire… l’ordre serré (qui viendra tout seul, ou presque, un peu plus tard), certains règlements… Mais c’est aussi faire que la première activité après l’incorporation soit un tir… qu’il y ait chaque jour, même si l’on est “de servitude”, une activité militaire… que la garde au poste de sécurité soit comprise comme… une sécurité pour la vie des copains et les installations du Corps… que certaines servitudes entrent dans un cadre admis (hygiène, écologie…) que l’unité de D.O. travaille utilement et sur le style opérationnel.

Faire du mili, c’est faire du civil incorporé un soldat, encore un soldat, rien qu’un soldat! C’est pour cela qu’il est là…

Chacun d’entre vous saura compléter ce “comment”. Je veux seulement vous en donner l’esprit (et réveiller vos imaginations): viser l’essentiel, ne faire que l’indispensable, mais le faire complètement et bien.

Y croire – Reconnaître et respecter l’autre – Exiger beaucoup – Faire du mili…
Et à l’occasion, sans conférence ni apprêt, bavarder des vrais problèmes: la Patrie, la Liberté, la Défense, les menaces, les missions… bavarder avec conviction, avec foi!

Apprenons à nos chefs de section, à nos sous-officiers, les quelques chiffres qui frappent, les deux idées qui s’imposent, avec le réflexe de saisir l’occasion d’en parler.

Apprenons à tous à s’y mettre, à y croire… et nous ferons des fanas!

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