incendie Kaibab National Forest

« Bonne » initiative ou« mauvaise »initiative ?

feu Kevin JarrettAu-delà de la référence au fameux sketch des inconnus, on peut se demander quel est le meilleur subordonné. Celui qui exécute sans réfléchir ou celui qui prend des initiatives ?

J’ai été instructeur pour les BSTAT et nous avions des troupes de manœuvres pendant 15 jours à Mourmelon. Je dois avouer que j’ai été très déçu par l’unité de Légion Etrangère avec laquelle nous avons travaillé.

J’ai vu des GV en surveillance devant un gros buisson sans visibilité ne pas faire les 10 mètres pour voir la zone de surveillance. J’ai vu des gens exécuter des ordres ineptes. Beaucoup de manque de réflexion à mon sens.

On peut, évidemment trouver ce type de réaction partout et ce n’est pas spécifique à la Légion Etrangère. C’est juste que la chose m’a choquée quand je l’ai constatée.

Si l’on regarde les choses en perspective, je pense que l’on doit éduquer ses subordonnés à prendre de bonnes initiatives.

Je pense qu’un sub qui prend des initiatives s’épanouit dans l’autonomie qu’il y trouve. Le plus dur pour le chef est de savoir lâcher prise, et se concentrer sur la formation de son collaborateur pour qu’il agisse toujours dans le bon état d’esprit. J’utilise sciemment le mot « collaborateur » qui fera bondir certain, parce que c’est vraiment de cette façon qu’il faut regarder la majorité de ses subordonnés. Après, il y a les toxiques et les incompétents, mais c’est à vous de faire le tri !

Collaborateur : du latin collaborare, « travailler ensemble »

Il est important de considérer vos subordonnés comme de vrais collaborateurs au sens étymologique.

Certes, votre collaborateur peut prendre une mauvaise décision, mais s’il a bien été formé, les chances qu’il prenne cette mauvaise décision s’amenuisent petit à petit.

« Seul l’Esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’Homme. » Phrase finale de TERRE DES HOMMES d’Antoine de Saint Exupéry.

À l’image de cette superbe phrase, je pense que le plus important dans la formation de ses collaborateurs est de leur transmettre l’esprit dans lequel vous souhaitez que les choses soient faites. Si vous arrivez à leur transmettre la bonne manière d’aborder les choses, alors ils seront tout faire et tout bien faire.

Passez du temps à réfléchir à ce qui est important pour vous. Prenez ensuite du temps pour l’expliquer à vos sub-laborateurs.

Personnellement, je suis un fervent convaincu de la prise de recul.Ainsi, je disais à mes sub-laborateurs qu’il fallait qu’ils imaginent que j’allais arriver dans les 2 minutes. Et puis je leur disais :« Si vous êtes serein, alors ne changez rien et continuez de travailler. Si vous avez des choses à changer, modifiez-les et reprenez le travail. » C’est valable pour la forme et pour le fond. C’est aussi et surtout valable pour la sécurité.

Je les force à prendre du recul sur ce qu’ils font. S’ils ont du recul. Ils prendront plus de « bonnes initiatives. »

« Former un Homme, ce n’est pas remplir un vase mais allumer un feu. » Aristophane

bougie Jérôme S

Prenez dans ces conseils ce qu’il y a à prendre. Adaptez-les à votre style de commandement et à vos contraintes. Mais, dans tous les cas, AGISSEZ.
SI VOUS NE FAITES RIEN, IL NE SE PASSERA RIEN.

Je suis preneur de votre feedback et de vos commentaires.

Crédit image: Kevin Jarrett / Kaibab National Forest / Jérôme S

 


 

Comments

  1. Faire faire est plus difficile que faire par soi-même. Ceci implique pour le chef que commander, c’est aussi accepter que le subordonné se trompe. Chacun a donc le droit à l’erreur, c’est inclus dans la marge d’initiative mais n’autorise pas la faute.
    Je pense qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises initiatives…il y a l’initiative, l’erreur et la faute (celle qui est commise sciemment en toute connaissance de cause).

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