question mark
Comment faire si notre patron pose des questions sur l’utilité réelle des 1 à 1, pire ! Comment faire s’il demande d’arrêter les 1 à 1 et si on veut continuer alors qu’il n’est pas d’accord.

Pour rappel, le 1 à 1 est un entretien d’une demi-heure avec votre collaborateur en face à face toutes les semaines et selon une méthode décrite dans les précédentes vidéos. Cela peut paraitre être un investissement important pour beaucoup et c’est également ce que peut penser votre patron mais il y a aussi d’autres raisons.

Je vais aborder le sujet en 5 points :
– Les questionnements ou les désaccords ne sont pas des ordres.
– Arrêtez de parler des 1 à 1 à votre patron si vous pensez que cela lui pose un problème mais qu’il ne l’a pas encore exprimé.
– Continuez à les faire de manière prudente si vous n’avez pas reçu de directives explicites de les arrêter.
– Arrêtez de les nommer 1 à 1.
– Si on vous demande d’arrêter… Il faut arrêter.

Si vous n’avez pas encore démarré les 1 à 1 mais que vous voulez le faire, ne demander pas l’autorisation pour les commencer. si vous demandez l’autorisation, vous risquez d’avoir un refus. Comme les 1à1 sont pleinement dans vos prérogatives de manager, vous n’avez pas à vous poser de question. EN avant !

Il y a un adage que j’aime beaucoup: « Mieux vaut demander pardon que l’autorisation. »

Ici, je vais traiter les questions qui peuvent se poser ou les objections qui peuvent y avoir une fois que vous aurez mis les 1 à 1 en place.

Le premier point c’est que les doutes et les désaccords ne sont pas des ordres. Ce n’est pas parce que votre supérieur hiérarchique vous pose des questions ou fait des commentaires qu’il vous demande d’arrêter. Je vais prendre des exemples qu’un patron pourrait dire et vous donner par la suite la réaction adaptée.

Premier cas : Moi ce n’est pas comme ça que je ferai.

Ce n’est pas un ordre. Il ne vous demande pas d’arrêter ce que vous faites, il ne vous demande pas non plus de faire comme lui il fait. Il vous laisse libre de gérer votre relation avec vos collaborateurs. Je pense qu’il y a très peu de managers qui édictent une politique particulière de relations avec les collaborateurs. Je pense qu’ils devraient vous accompagner dans votre management, vous interroger sur la manière dont vous gérez vos équipes, éventuellement vous aider, vous coacher, vous conseiller. En général, ils sont surtout focalisés sur les résultats qu’ils attendent de vous et de votre équipe. Dans ce premier cas il vous communique juste une information.

Deuxième cas : Pourquoi vous passez autant de temps avec eux ?

C’est tout d’abord une question mais on sent que derrière il y a une interrogation un peu plus critique. Ça vient probablement d’un profil dominant ou d’un profil consciencieux. Ces deux profils sont des gens qui sont orientés sur les tâches. Ils ne comprennent pas forcément la nécessité de miser sur les personnes pour que les tâches se réalisent mieux puisqu’ils sont adeptes d’un management basé sur le résultat et qui se pratique même avec une certaine distance avec les personnes. Je pense que ce genre de commentaire n’est pas un commentaire sur votre style de management, ce n’est pas non plus un reproche même si le ton peut vous laissez le penser.

Par contre, il y a une question et donc il faut y répondre. La réponse que je vous conseille quand on vous demande ça même si derrière il y a une critique latente est une réponse de ce style :

« Je ne passe pas tant de temps que ça avec eux quand on y pense, ça représente un pourcentage de temps infime par rapport à leur temps passé dans l’entreprise. Et on parle des résultats, des échéances pendant l’entretien. Je leur donne un retour sur leur performance, etc. Je perds moins de temps parce que je suis moins interrompu dans la semaine. »

Vous allez le rassurer sur le fait que vos 1 à 1 sont bien orientés résultat, c’est une démarche rationnelle qui a pour but d’améliorer les performances de votre équipe. Vous améliorer la qualité de la relation et vous réduisez les frictions de communication.

Troisième possibilité : C’est quoi ces entretiens ? Je ne comprends pas.

Ce n’est pas forcément négatif comme question, il faut essayer de sentir ce qu’il y a derrière cette question mais ça peut être une simple question. C’est à vous de faire la meilleure réponse pour que cela ne soit pas négatif. Je donnerai une réponse de ce style :

« Je prends 30 minutes et on passe en revue les résultats attendus, les responsabilités, les plans d’actions, la qualité, les ressources et le planning, ça me permet d’avoir moins d’interruption toute la semaine même avec ma politique de la porte ouverte. »

Vous pouvez ajouter :

« On avance bien, le travail est mieux suivi qu’avant et j’ai mon moment pour parler des sujets que tout le monde doit connaitre mais qu’il faut aborder différemment selon chaque personne. C’est vraiment un gros gain de temps à tous les niveaux. »

Cela ne veut pas dire forcément que c’est quelque qui le gène mais il peut aborder le sujet parce qu’il a entendu vos collaborateurs en parler.

Arrêtez de parler des 1 à 1 à votre patron si vous pensez que c’est un problème mais que ce n’est pas encore exprimé.

Je veux dire que les personnes sont enthousiastes en général quand elles démarrent le 1 à 1 et donc elles en parlent beaucoup.

Si vous sentez que votre patron vous pose ce genre des questions parce qu’il n’est pas trop favorable aux 1 à 1 il faut que vous en parliez moins autour de vous et en particulier avec votre patron. Et n’insistez pas sur le fait que c’est un outil formidable pour le management.

Il faut faire profil bas sauf lorsqu’on a des résultats mais on sait qu’il faut du temps avec les 1 à 1. Laissez donc votre patron vous juger avec les résultats et vous n’êtes pas obligés de dire explicitement avec quel outil vous les avez obtenus.

Surtout ne lui suggérez pas de mettre en place les 1 à 1.

Continuer prudemment les 1 à 1 en l’absence de directives claires demandant leur arrêt.

La plupart des managers ne vont pas aller jusqu’à interdire clairement les 1 à 1. C’est prouvé dans les exemples que je vous ai dits. Vous connaissez votre patron donc quand il vous fait ces réflexions, si vous sentez qu’il n’est pas totalement opposé continuez vos 1 à 1 mais restez attentif.

Arrêtez de les appeler 1 à 1.

Vous pouvez juste changer le nom sans changer la structure et le principe. C’est de la communication biaisée. les institutions le font souvent: ils changent le nom et un peu le mode de fonctionnement, mais c’est surtout pour montrer qu’il y a eu un changement. Utilisez donc cette technique à votre profit.

Quand on vit d’arrêter il faut arrêter.

Tous les conseils que je vous ai donnés sont valides jusqu’au moment où l’on vous demande d’arrêter. Demandez confirmation et s’il vous le confirme vous arrêtez.

C’est triste, mais c’est comme ça.

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