capitain

CAPITAINE…

Le capitaine… la tête de la compagnie… le commandant d’unité… le capitaine commandant comme disent avec redondance nos cavaliers… le chef de l’unité de combat, celui sur lequel s’articule votre régiment sur le terrain… celui qui inscrit sur le terrain la manœuvre que vous avez montée…

Le capitaine… par qui vous commandez votre régiment… qui chaque jour inscrit sur ses programmes l’expression de votre pensée… qui chaque jour traduit votre volonté en actes, en instruction, qui inscrit votre volonté au cœur de ses hommes!

Et voilà que j’entends dire un peu partout que bien souvent, les capitaines sont le maillon faible de la chaîne hiérarchique: ils ne savent pas commander – ils s’organisent mal – ils en font trop sans rien déléguer – ils ne font rien ou rien de bon – ils sont tout le temps assis dans leur bureau – ils ne sont jamais à leur téléphone – ils sont de moins en moins disponibles…

Si ces reproches sont fondés, votre situation est grave car comment commander sans vos capitaines?

Cette simple question touche directement, je crois, au fond du problème: la hiérarchie du régiment, c’est d’abord, c’est surtout le binôme colonel-capitaine.

Vos adjoints, votre major, votre OST2 vont bondir. Mais ils auraient tort: eux, c’est vous, dans les différents aspects de votre commandement. Chacun d’eux est là pour régler en votre lieu et place telle facette de votre mission, mais ils ne sont pas dans la chaîne hiérarchique. Ils n’ont pas à commander vos capitaines. Ils ont des correspondants dans l’unité: le chef comptable, le sous-officier auto, l’adjoint… SEUL, le capitaine est en prise directe avec vous. Personne ne s’adresse à lui, sauf vous.

Vos capitaines et vous, vous êtes le COMMANDEMENT, les responsables, les seuls responsables. Les autres sont là pour vous aider, jamais pour interférer dans le commandement. Les autres sont là pour aider vos capitaines, jamais pour leur donner des ordres. D’ailleurs, leurs ordres, ce seraient les vôtres… et si tout le monde en donnait, où iraient vos capitaines ? Quelle serait VOTRE autorité?
2 Ndlr : Officier des Services Techniques (ne pas confondre avec l’acception actuelle d’Officier Sur Titre).

Donc, premier point: il existe une chaîne hiérarchique qui vous relie vous chef de Corps à vos capitaines. Cette relation privilégiée, personne n’a le droit de l’emprunter:ce serait au détriment de votre autorité.

Ce point acquis, il s’agit pour vous de traduire cette relation privilégiée dans les FAITS.

Très simplement parfois: au rapport du Corps, pourquoi vous entourer de vos adjoints en plaçant en face vos capitaines? Mettez-vous donc au milieu du grand coté de la table avec vos capitaines à votre gauche et à votre droite. Vous aurez en face de vous votre second et tous vos adjoints.

Détail? Essayez! Vous verrez tout de suite le changement: il y a d’un coté le Commandement: vous-même et vos capitaines, les RESPONSABLES nantis de l’AUTORITÉ – et de l’autre ceux qui, encore une fois, sont là pour vous aider.

Vous êtes du même bord que vos capitaines, vous épousez leurs difficultés, et ceux d’en face vont tenter de les régler, les leurs et les vôtres, les leurs qui sont les vôtres.

À vous bien sûr de ne pas couper vos cadres en deux… mais si cela était, il vaudrait mieux que vous restiez du coté de vos capitaines.

Cela ne suffit pas… une place à table, même si c’est celle du rapport! Il faut donc aller plus avant. Mais cette façon de placer vos subordonnés, elle traduit votre VOLONTÉ de constituer une ÉQUIPE avec vos capitaines, une équipe où chacun joue son rôle, en comptant sur les autres: ce serait le jeu de la guerre… Faites en sorte qu’on le rôde dès la paix.

Et nous débouchons sur votre responsabilité personnelle vis-à-vis de vos capitaines. S’ils ont des défauts, des insuffisances… rien ne sert de vous plaindre. Vous êtes leur chef, responsable d’eux et de leur instruction. C’est à vous de les former à leur tâche.

Comme vous formez tous les nouveaux qui débarquent chez vous, il faut aussi monter pour vos capitaines un programme spécial… dont l’instructeur c’est vous évidemment.

Le programme: essentiellement du pratique puisque là encore une école a dû se charger de la théorie. Du pratique, c’est-à-dire une adaptation à VOTRE régiment, à ses hommes, à ses murs, à ses moyens, à ses habitudes, à sa CAÏDA comme disaient les Africains.

Du pratique mais du “sur-mesure”. Chacun de vos capitaines a ses qualités et ses défauts. Le bon instructeur que vous êtes met en valeur les premières et charge celui qui les a d’en faire profiter les autres. Et vous-même allez patiemment remédier aux déficiences de chacun.

Pratique… sur-mesure… Et surtout de l’humain? Vos capitaines sont jeunes. Parler aux hommes, être naturel dans son commandement comme dans les contacts journaliers… savoir d’un coup d’oeil détecter sur ses 150 bonshommes et gradés LE gars qui a besoin d’être écouté… cet art, tout d’exécution, n’est pas si simple. C’est le fond du métier d’officier? C’est l’héritage qu’il vous appartient de transmettre à vos capitaines. C’est le cadeau que vos capitaines attendent de vous.

La conscience d’une relation UNIQUE, prioritaire, personnelle entre chef de Corps et capitaines – une volonté de traduire ce privilège en constituant une équipe colonel- capitaines dont les membres sont soudés par l’intelligence (la connivence avec le réel) et si possible par le cœur – un soin particulier pour éduquer ces capitaines, leur apprendre ce redoutable métier de chef qui est d’abord l’art des relations avec les autres…

… voilà qui pourrait encore être développé. À chacun d’entre vous de le faire car il s’agit d’un problème à régler entre hommes au mieux de la personnalité de chacun, de la vôtre et de celle de vos capitaines. Mais l’essentiel, c’est que vous gardiez en tête cette mission prioritaire, facteur premier de la cohésion et du rendement de votre régiment: former les capitaines. C’est une rude mais belle tâche. Abordez la comme un père forme ses fils… vos capitaines ne seraient-ils pas vos fils spirituels?

Cordialement

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